Sylvain Lafond

PROGICIELS ERP : Défis et mésaventures

Chapitre 10: Le design, c’est plus qu’une belle peinture et un luminaire trippant

Choisir son décor demande une bonne planification, une bonne compréhension de l’usage des lieux et des besoins de ses habitants, ainsi qu’une vision d’ensemble quant au résultat désiré. Il faut développer un concept.

Je me servirai de cette analogie aujourd’hui afin de vous entretenir des processus d’appel d’offre structurés souvent utilisés par les consultants qui assistent leurs clients dans le choix d’un progiciel de gestion intégrée. Malgré l’utilité de ce processus qui se veut un exercice cartésien et méthodique, il faut comprendre que ce n’est pas une démarche infaillible et parfaite.

En effet, même avec une liste de fonctionnalités détaillée comportant 2000 questions et même en y répondant avec rigueur, le fournisseur qui n’a pas eu le privilège d’effectuer une analyse préliminaire des besoins du client répondra au meilleur de sa connaissance et de son interprétation.

En se penchant sur de multiples détails filtrés par l’expérience et les besoins actuels du client, les intervenants pourront bien malgré eux s’éloigner d’une solution basée sur un concept holistique.

Il n’est pas suffisant de faire une liste d’éléments de design qui nous plaisent ou que nous croyons nécessaires: céramique, luminaire, couleurs et accessoires. Encore faut-il les intégrer à une vision globale.

Le rôle du designer, dans l’élaboration d’un concept, est aussi d’ébranler les conventions établies et d’amener son client plus loin. Il en va de même pour le consultant fonctionnel.

Un appel d’offre bien monté est une forme de diplôme qui ne garantit pas nécessairement que le fournisseur est en mesure d’effectuer le boulot. Les entrevues et tests sont capitaux. Il faut valider, par les démonstrations, les références, les valeurs et l’engagement du fournisseur que ce dernier est le bon choix.

Après tout et malgré tous nos exercices analytiques, quoiqu’on en pense et quoiqu’on en dise, un processus d’achat, quel qu’il soit, demeure un processus émotif.

Bien cordialement, Sylvain